Vous savez exactement de quel dossier je parle.
Il est sur votre bureau depuis des mois. Personne d'autre que vous ne peut le finir. Et vous n'avez pas une journée à lui donner.
Aucun engagement avant l'entretien.
Cher dirigeant,
Ce dossier, vous pourriez me le nommer sans réfléchir.
La nouvelle activité décidée l'an dernier. Le financement à monter. Le directeur à recruter. L'organisation à écrire avant que votre fils ne reprenne. L'outil que vos équipes réclament.
Il n'est pas difficile. Il n'est même pas long.
Il est à vous. C'est tout son problème.
Je l'appelle le dossier du patron : celui que personne d'autre, chez vous, ne peut porter jusqu'au bout.
Vos journées appartiennent aux autres. Un client, un fournisseur, la banque, un salarié qui attend que vous disiez.
Alors il attend. Et chaque mois, il vous coûte ce qu'il rapporterait s'il était fini.
J'ai été ce patron-là.
J'ai mis huit ans à comprendre ce que cette lettre va vous dire en cinq minutes.
J'avais 26 ans, dix agences immobilières et cinquante personnes.
Sur le papier, j'avais réussi.
Dans les faits, j'étais le directeur commercial. Le directeur marketing. Le directeur financier. Le juriste. Et celui qu'on appelait quand plus rien ne marchait.
Chaque décision remontait jusqu'à moi. Chaque problème aussi.
Je croyais diriger une entreprise.
J'avais le seul trousseau de clés. Et cinquante personnes attendaient devant une porte.
Je passais mes journées à ouvrir des portes. Les dossiers qui auraient changé quelque chose, eux, attendaient sur mon bureau.
J'ai fini par le comprendre : une entreprise vaut ce qu'elle vaut sans son patron.
La mienne ne valait rien sans moi.
Et la vôtre ?
Vous n'êtes pas un cas. Vous êtes la règle.
Bank Al-Maghrib a étudié les PME marocaines. Son constat : elles sont gérées autour d'un seul homme, le fondateur. Peu de délégation. Pas de procédures écrites.
Gallup interroge chaque année les salariés du pays. 15 % se disent engagés dans leur travail. Près de sept sur dix regardent ailleurs.
L'Institut de l'entreprise familiale a compté : trois entreprises familiales sur dix arrivent à la deuxième génération.
Mettez ces trois chiffres côte à côte.
Un patron par qui tout passe. Des équipes qui exécutent. Une relève qui ne trouve rien d'écrit.
Ce n'est pas votre faute. Ce n'est pas la leur non plus.
La fonction fait l'homme.
On vous a dit de recruter un numéro deux. Vous l'avez peut-être fait.
Regardez ce qui se passe.
Vous l'embauchez pour qu'il prenne des initiatives. Le jour où il signe, il a un poste.
Et un poste, ça se protège.
Proposer, c'est risquer d'avoir tort devant le patron. Ne rien proposer ne coûte rien.
Il fera donc très bien ce que vous lui demandez. Et il attendra que vous demandiez.
Vous vouliez un second patron. Vous avez une personne de plus qui attend que vous disiez.
Moi, je n'ai pas de poste chez vous. Je n'ai rien à protéger.
Je peux vous dire non.
Je peux dire à votre équipe ce que personne, en interne, n'ose lui dire. Et vous rapporter ce qu'elle n'ose pas vous dire, à vous.
Il ne vous manque pas un salarié de plus. Il vous manque un patron de plus.
La règle des deux dossiers.
Voici ce que j'ai fini par comprendre, et que j'applique depuis chez les autres.
Une entreprise ne souffre presque jamais d'un manque d'idées. Elle souffre de dossiers ouverts. Douze le lundi, quatorze le vendredi. Chacun avance d'un centimètre par semaine. Aucun ne se ferme.
Ma règle tient en une ligne.
Deux dossiers à la fois. Et je ne les lâche pas avant qu'ils soient fermés.
Vous choisissez les deux premiers. Prenez ceux qui traînent depuis le plus longtemps.
Fermer un dossier ne veut pas dire tout faire moi-même.
Vos équipes savent faire. Il leur manque quelqu'un qui découpe le dossier, met un nom et une date sur chaque morceau, relit ce qui revient, et tranche quand ça bloque.
Ce que personne chez vous ne peut faire, je le fais : le montage financier, le contrat, l'outil, le texte qui vend.
Entre deux de mes journées, le dossier avance. Chacun sait ce qu'il doit rendre, et à qui.
Et un dossier fermé n'est pas terminé. Il lui faut quelqu'un, chez vous, pour le tenir. Je le choisis avec vous, je le forme, j'écris la marche à suivre.
Fermé. Puis transmis.
Quand c'est fait, j'en prends deux autres.
Cent appels, un carnet.
Un marchand de camions. Seul à la manœuvre.
À chaque campagne, 100 à 120 appels en 48 heures. Certains à 22 heures. Il décrochait, notait dans un dossier papier, raccrochait, décrochait.
Pendant qu'il était en ligne, les autres appels sonnaient dans le vide. Et ses notes, il les relisait rarement.
Il avait sa solution : reprendre deux personnes pour tenir le téléphone.
J'ai posé une autre question : où gagne-t-il son argent ?
Pas en décrochant. En concluant.
Alors on a retiré les appels.
Celui qui veut vendre son camion remplit lui-même un formulaire et choisit son rendez-vous dans un agenda. Tout arrive dans une application construite sur son métier. Il tape un nom, il a le dossier. Chaque appel est enregistré et rangé sur la fiche du numéro qui appelle.
L'application a été livrée en 24 jours. Dans le même temps, j'ai conçu et lancé moi-même ses campagnes SMS et e-mail.
Les deux premiers mois : 550 000 € de chiffre d'affaires, plus de 100 000 € de marge. Au-dessus de l'objectif.
Les deux personnes, il ne les a pas reprises.
Aujourd'hui, il ne prend plus que les appels qui comptent : ceux où il conclut une vente. Et le suivi quotidien, quelqu'un d'autre le tient : un alternant, avec sa fiche de poste et sa méthode écrite.
Un patron de plus, ce n'est pas des heures en plus. C'est une autre question posée.
Vos phrases, une par une.
Ce qui se passe quand on l'applique.
En 2021, on m'a confié une société en perte. Elle devait fermer.
Un an plus tard : plus de 1 M€ de chiffre d'affaires, une équipe passée à 14 personnes, un taux de vente multiplié par trois.
Depuis, c'est mon métier. Pour un groupe suisse, une enveloppe d'investissement de 1 à 15 M€. Aujourd'hui, pour un family office : une holding, un parking sécurisé, de l'investissement automobile.
« Pendant trois ans, j'ai reporté le dépôt de mes bilans. Avec, au bout, un contrôle fiscal. Jérémy a pris le dossier en main, la remise à jour de ma comptabilité, puis le cadre de pilotage que je n'arrivais pas à poser. Trois mois plus tard, j'étais à jour. Un succès et une libération mentale qui n'a pas de prix. »
« Je cherchais un bras droit depuis deux ans. J'ai compris en trois semaines que je n'avais pas besoin de quelqu'un à plein temps. J'avais besoin de quelqu'un qui sache travailler comme moi. »
Un jour par semaine. Voici à quoi il ressemble.
Une heure, vous et moi. Vos chiffres de la semaine. Les décisions à prendre. Ce qui bloque.
Je vais sur le terrain, avec votre équipe. Je relis ce qui a été fait depuis ma dernière venue. Je corrige. Je débloque.
Mes deux dossiers.
Vous recevez une page. Et chaque personne concernée, sa liste pour la semaine.
Vous restez le patron. Vous décidez, vous signez. Moi, je fais fermer les dossiers.
Un vendredi, dans trois mois.
Le dossier que vous m'avez nommé au premier entretien est fermé.
Quelqu'un, chez vous, le tient.
Vous partez dix jours.
Vous regardez votre téléphone le premier soir, par habitude. Rien.
Vous n'avez appelé personne.
Et au retour, votre fils vous pose une question sur un client. Vous lui répondez : « C'est écrit. Regarde. »
Pour les demandes reçues avant le 15 octobre 2026, minuit.
À minuit, les demandes passent à la fenêtre suivante et les bonus réservés à la première demande repartent à zéro.
Le prix.
25 000 DH par mois. Un jour par semaine. Une heure de votre temps.
Comparez-le à un salaire.
En août 2026, une annonce pour un directeur des opérations à Casablanca affichait 41 104 DH par mois.
Ajoutez les charges. Le bureau. Le téléphone. Le cabinet de recrutement. Et les mois qu'il vous faudra pour savoir si vous vous êtes trompé.
25 000 DH, c'est moins que son salaire seul.
Sans recrutement. Sans préavis. Sans poste à protéger.
Vous n'achetez pas des heures de présence. Vous achetez des dossiers fermés.
Deux jours par semaine, jusqu'à trois sociétés d'un même groupe : 45 000 DH par mois.
La garantie : le mois à mes risques.
Au jour 30, trois choses sont sur votre bureau : l'état des lieux, le tableau de bord, les trois priorités du trimestre.
Il en manque une ? Le mois est remboursé.
Elles y sont, mais ça ne vous convient pas ? On s'arrête. Vous ne devez rien de plus.
La prochaine place.
Je ne publie pas le nombre de places. Je prends peu de missions à la fois, et la prochaine ne s'attribue qu'après un entretien. Le jour que je passe chez vous, personne d'autre ne l'aura.
Les demandes reçues avant le 15 octobre 2026 sont étudiées dans la quinzaine. Les suivantes passent à la fenêtre d'après.
Pas pour vous si vous voulez un avis sans exécution, si vous n'ouvrez pas vos chiffres, ou si vous cherchez quelqu'un pour garder la maison chaque jour à votre place. Je la fais avancer. Je ne la garde pas.
Jérémy Prost
Operating PartnerP.-S. Mes dix agences, j'ai fini par les revendre. Une par une, à ceux qui les dirigeaient. Par choix. C'est ce jour-là que j'ai compris : une entreprise réussie, c'est une entreprise qui peut se passer de vous. Je peux vous éviter les huit ans.
P.-P.-S. Prenez une feuille. Écrivez le nom de votre dossier, et la date à laquelle vous l'avez ouvert. S'il a plus de six mois, c'est par lui que je commencerai.